Ces deux journées chargées ont été unanimement appréciées par les IPCI : non seulement, ils et elles ont découvert des notions incontournables de l’action culturelle dans une salle de spectacle, mais ont aussi pu expérimenter la manipulation de matériel technique, ce qui représente un vrai plus dans leur formation.
Sauriez-vous différencier un câble DMX d’un câble XLR ?
En ce milieu de mois de janvier, on pouvait croiser une troupe d’IPCI sur la route d’Eysines, bien loin du campus universitaire de Montaigne. Bravant le froid et les soucis de tram, nos étudiants ont rejoint Le Plateau, une structure culturelle eysinaise regroupant une médiathèque, un cinéma et une salle de spectacle. C’est dans ce dernier lieu qu’ils et elles avaient rendez-vous avec Clémence Ravion qui leur a présenté la politique culturelle de la ville d’Eysines, dont elle dirige le pôle : l’action culturelle y est basée sur plusieurs projets phares comme le festival « Les arts mêlés » et le dynamisme de l’équipe du Plateau dont l’accueil a été chaleureux.
Anthony Fayard, régisseur à l’IDDAC (agence culturelle du département Gironde) leur a ensuite dispensé une formation technique, commençant par la réglementation des ERP (établissements recevant du public) : normes d’évacuation, sécurité incendie, licences de productions, le jargon technique indispensable a été exploré. Les IPCI ont dévoré ces normes nouvelles et leur repas, avant d’attaquer, toujours avec Anthony Fayard dont l’endurance et la pédagogie sont devenues légendaires, le vocabulaire indispensable d’un dispositif scénique, sonore et lumineux. Nos vaillant·e·s étudiant·e·s ont appris à différencier un projecteur PC d’un PAR, une découpe d’une poursuite et à reconnaître un microphone statique supercardioïde vocal, une multipaire ou une fiche speakon. Enfin, ont été abordées la rédaction et la lecture des fiches techniques ou riders indispensables à la réalisation d’un concert ou d’un spectacle dans une salle.
Peut-être trouvez-vous cela un peu théorique ?
Nos IPCI aussi, mais ils et elles sont revenu·e·s le lendemain pour une journée dédiée plus spécifiquement à la manipulation du matériel. Avec l’aide des régisseurs de la salle, iels se sont vu confier la mission de monter une scène, son et lumière compris, à partir d’un plan de feu et de son. Dans le grincement des perches mécaniques, iels ont réalisé le câblage de tout un système, par petits groupes, avant de le tester. Là, leurs capacités musicales se sont révélées dans toute leur virtuosité… Et leurs limites : l’ingénieur en projets culturels n’est (hélas) pas toujours un grand artiste. Iels ont néanmoins pu magnifier leurs talents par la manipulation de la console son et du pupitre lumière.
Le reste du groupe a eu l’occasion de se rendre au Château Lescombes, réhabilité en salle d’art contemporain. Avec Florence Charo, la scénographe, iels ont discuté du fonctionnement d’une telle structure, de ses chances et ses limites. La discussion, témoignant d’une sincérité précieuse, a été suivie d’une visite du lieu et de l’exposition du moment, une rétrospective sur l’artiste Alain Lestié. Après un temps de démontage collectif particulièrement efficace, sans mélanger les câbles DMX (lumière) et XLR (son) les participant·e·s sont rentré·e·s à la maison avec la certitude de n’avoir pas perdu leur temps.
Nous tenons à remercier encore tous les intervenant·e·s de ces deux journées.
Un étudiant IPCI (janvier 2025)
